Quelques
textes et réflexions récoltés ça et là, dans le courant de la vie
NATURE
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"Il apparaît de plus en plus que nous ne
sommes pas placés dans un monde morcelé. Les grossières divisions entre
esprit et nature, âme et corps, sujet et objet, sont de plus en plus
considérées comme des fâcheuses conventions de langage. Ce sont des termes
boiteux qui ne s'appliquent plus à un univers où tout est en
interdépendance, un univers qui se présente comme un vaste complexe de
relations subtilement équilibrées.
La nature a un caractère intégralement relationnel, et une interférence en
un point déclenche d'imprévisibles réactions en chaîne."
"Au centre de cette nouvelle manière d'envisager les choses, on trouve
l'idée d'un monde unitaire sans le moindre raccord, tissu d'interractions
mutuelles, où une chose ne se comprend que rapportée à une autre et
réciproquement. Il est impossible, dans cette perspective de considérer
l'homme isolément de la nature."
"Dans cette nouvelle façon de penser, esprit
et matière se résolvent en processus, tandis que les choses se trouvent
changées en évènements.
La découverte de notre totale imbrication avec la nature est d'une telle
portée que la compréhension du noeud de relations revêt une importance
primordiale, qui impliquerait de comprendre la nature "de l'intérieur".
"La conscience d'une solidarité indissoluble
de l'homme avec la nature peut être accablante pour certains. Elle
apparaît humiliante à une civilisation où l'homme a toujours été considéré
comme le couronnement de la création et son "maître et possesseur."
"L'Occident professe une philosophie tournée
vers le futur, mais son attitude effective est en contradiction avec cet
idéal. Sa vue ne porte guère au-delà du lendemain puisqu'il exploite les
ressources terrestres (et modifie l'environnement) avec une connaissance
très fragmentaire du réseau de relations ainsi déséquilibré." |
SEPARATIONS
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"C'est pour la
civilisation occidentale une idée fixe que l'univers consiste en choses
distinctes, ou entités. L'homme se considère de ce fait lui-même comme une
partie, introduite dans l'assemblage total de la nature. Le fonctionnement
de l'univers naturel est conçu en terme de lois logiques; l'ordre des
choses est assujetti à la mécanique linéaire d'une série de causes et
d'effets, dans les limitations d'une conscience qui ne perçoit qu’une
seule chose à la fois.
Si la nature nous semble être un mécanisme, c'est que notre attitude
mentale n'en retient que ce qui concorde avec une analogie mécanique ou
mathématique. Une telle attitude empêche de jamais voir la nature, elle
n'aperçoit que les formes géométriques qu'elle a réussi à y projeter."
"Nous comprenons la nature en la désintégrant, puis nous pensons qu'elle
est elle-même un amas de fragments."
"On tend à considérer actuellement les lois comme des outils humains, un
peu comme des instruments tranchants permettant de dépecer la nature en
portions susceptibles d'être digérées."
"Il est un type d'homme qui aborde le monde tout bardé de ces instruments
durs et tranchants, au moyen desquels il découpe et catalogue l'univers en
catégories précises et stériles afin de se rassurer."
"Une fois dotés du pouvoir de raisonner et d'exercer consciemment notre
attention, les hommes furent certainement fascinés par ces nouveaux
outils, au point d'en oublier tout le reste, un peu comme ces poules
hypnotisées qui ne peuvent détacher leur bec d'un trait de craie. Toutes
nos possibilités de perceptions furent identifiées à ces fonctions
partielles, si bien que nous perdîmes la capacité de sentir la nature du
dedans et de percevoir notre unité sans faille avec l'univers."
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INTELLECT
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"Le mode analytique de perception nous masque
le fait que les choses et les évènements n'existent pas indépendamment les
uns des autres. Le monde est une totalité supérieure à la somme de ses
parties pour la raison même que ces parties ne s'additionnent pas mais
sont une corrélation. La totalité est une structure qui subsiste, tandis
que vont et viennent les parties, tout comme le corps humain est une
structure dynamique dotée de permanence, malgré la rapidité avec laquelle
naissent et meurent les cellules."
"Les mots et les moules de pensée du mode de pensée analytique sont
impuissants à embrasser ce monde de relations, sauf par des analogies qui
ne sont jamais entièrement satisfaisantes. Admettre que les éléments
fondamentaux de la nature sont des "relations" plutôt que des "choses"
peut paraître terriblement subtil et abstrait tant qu'on ne s'est pas
aperçu que les relations sont celà-même que nous touchons et sentons, et
qu'il n'y a rien de plus concret."
"Comprendre la nature avec la pensée
analytique, c'est comme vouloir distinguer les contours d'une grotte avec
un pinceau de lumière intense, mais très mince. Le trajet de la lumière et
la série de ses points d'impact sont retenus par la mémoire, et l'aspect
général de la grotte laborieusement reconstitués à partir de souvenirs."
"L'étude analytique de ces interactions accumule une somme croissante
d'informations que leur abondance et leur complexité rendent" difficiles à
utiliser en vue de prévoir précisément les changements."
"La démarche linéaire de l'intellect lui interdit de comprendre vraiment
un système de relations où tout se passe simultanément. Il parvient tout
au plus à se le représenter approximativement."
"Ce mode de conscience sériel ne peut considérer qu'une pensée et une
chose à la fois."
"Pour saisir de grands ensembles, l'homme se voit donc obligé de
recourir à l'intuition."
"L'intuition s'appuie sur une démarche inconsciente de l'intelligence qui
ne procède plus de façon laborieusement linéaire, et se montre capable
d'embrasser d'un seul coup de vastes champs de détails en mutuelle
interaction."
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Identité
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"Le mode de pensée analytique ayant pour
support les mots, nous a donné l'habitude, pour définir quelque chose,
d'énoncer ce qui la distingue et la rend "caractéristique", bref ce qui
définit son identité. Si bien que l'on s'accoutume à penser qu'une
identité est une question de séparation, par exemple que mon identité
réside en la manière particulière dont je diffère des autres, soulignant
la différence comme étant l'essentiel.
Dans ces conditions, le monde m'apparaît comme une chose avec laquelle je
dois ÉTABLIR une relation, et non comme une chose avec laquelle J'AI une
relation."
"[De la même façon, nous nous concevons] scindés en deux parties: un
centre bien délimité d'attention, "je", et un vaste et complexe
organisme," Moi",
dont la connaissance que nous en avons oscille entre des sentiments confus
et la technicité abstraite des notions biologiques. L'homme façonné par la
culture occidentale est étranger à lui-même, ainsi qu'au milieu naturel
dont fait partie son organisme.
"L'étroitesse de la conscience et son mode sériel de stockage des
impressions dans la mémoire, tels sont les moyens qui nous permettent
d'avoir le sens d'un Moi. Si le Moi s'évanouissait, ou plus exactement,
s'avérait n'être qu'une fiction utile, il n'y aurait plus dualité
sujet-objet, mais simplement un courant de perception continu.
"En vérité, c'est pour la pensée seulement que la peau sépare le corps du
reste du monde. Pour la nature, la peau est agent de liaison autant que de
séparation."
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EGO
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"Le Moi
est une image sociale à laquelle l'esprit apprend à d'identifier. Il est
le rôle que la société prescrit à l'individu afin de pouvoir tabler sur un
centre d'action stable dont on peut prévoir le comportement parce qu'il
oppose une résistance inébranlable aux mouvements de la spontanéité. Une
extrême souffrance ou l'imminence de la mort l'empêchent de tenir ce rôle,
si bien que ces fatalités s'associent à la honte et aux angoisses endurées
par l'enfant que nous fûmes lorsqu'il s'agissait de devenir un Moi
acceptable pour autrui. La mort et l'agonie sont redoutées comme une
déchéance, et le combat qui les accompagne est un effort désespéré pour
tenter de sauver un mode de sentir et d'agir acquis comme un rang social."
"La fascination qu'exerce la certitude de la mort peut nous laisser figés
de stupeur, jusqu'au moment où une illumination nous révèle que ce n'est
pas la conscience qui meurt, mais la mémoire. S'ouvrir à cette vérité,
c'est s'ouvrir à un singulier sentiment de solidarité -d'identité- avec
les autres créatures et commencer à comprendre le sens de la compassion.
Le Moi lutte sans relâche contre la dissolution qui serait justement sa
délivrance."
"On pourrait concevoir la délivrance comme l'ultime profondeur de l'échec
spirituel, un degré d'échec où l'on ne peut même pas revendiquer ses
vices. Dans la conscience de cette réalité momentanée et vide, le
Bodhisattva connaît un désespoir au delà du suicide. L'Ego s'évanouit avec
les illusions où l'on ne rencontrait que vide dans sa résistance acharnée
au vide, souffrance dans sa fuite devant la souffrance, et contraction
dans son effort pour se décontracter. Mais en s'évanouissant, il
s'abandonne au vide même où resplendissent le soleil, la lune, et les
étoiles."
"La spontanéité
n'est somme toute qu'une totale sincérité -la personne étant toute entière
dans son acte sans la moindre réticence- à laquelle l'adulte civilisé
n'est guère poussé que par un désespoir extrême, une souffrance
intolérable, ou l'imminence de la mort. D'où le dicton: "le désastre de
l'homme est l'occasion de Dieu".
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Spontanéité
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"La
spontanéité des petits enfants, incontestablement rebelles à une
intégration sociale, est une spontanéité "embryonnaire", encore
incoordonnée. Il parait alors impensable de socialiser ces enfants en
permettant à cette spontanéité de se développer, et l'on cherche à les
intégrer socialement en implantant tout un système de résistances et de
peurs.
L'organisme se trouve alors scindé en un centre de décision, et un centre
d'inhibition. Aussi est-il rare de rencontrer une personne dotée d'une
spontanéité qui se contrôle elle-même, cette formule nous semblant du
reste complètement contradictoire. C'est comme si nous apprenions à nos
enfants à marcher en soulevant leurs jambes avec les mains, au lieu de les
mouvoir de l'intérieur."
"Lorsque nous disons d'un pianiste ou d'un danseur qu'il contrôle
parfaitement ses mouvements, nous nous référons en vérité à une certaine
combinaison de contrôle et de spontanéité. Le contrôle de l'artiste
définit une zone à l'intérieur de laquelle il peut s'abandonner sans
réserve à sa spontanéité."
"Tous les arts comportent des règles jusqu'à un certain point, (...) mais
il subsiste toujours cet indéfinissable qui distingue la vraie maîtrise."
"La spontanéité est parfaite lorsqu'elle ne requiert aucun contrôle,
lorsque le dedans est si harmonieux qu'il ne requiert pas la surveillance
de la conscience."
"Contrôler, c'est inhiber, et un système entièrement inhibé est bloqué."
"Loin d'être une force, la dureté et la dureté rigidité masculine que nous
affectons ne sont rien d'autre qu'une paralysie émotionnelle. Nous nous
cramponnons, non parce que nous sommes maîtres de nos sentiments, mais
parce que nous en avons peur, comme nous avons peur de tout ce qui, en
nous, est symbole de féminité et d'abandon."
"Celui
qui connaît la virilité mais contient la féminité
deviendra un bassin où s'accumule toute la force du Monde
Comme il est un bassin pour le Monde, il ne sera pas séparé de la force
éternelle,
Et ainsi il peut retourner à l'état de l'enfance
Tao Te
King, XXVIII
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Religion
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"Pour agir ou nous développer de façon créatrice, il nous faut commencer
là où nous sommes, mais "tout entiers", sans réserve et sans regret. Faute
d'acceptation de soi, nous sommes en divorce perpétuel avec notre point de
départ, toujours en train de nous méfier du terrain sur lequel nous nous
tenons, si divisés contre nous-même que nous ne pouvons agir avec une
authentique sincérité. En dehors de cette acceptation, conçue comme
fondement de la pensée et de l'action, toute tentative de discipline
morale ou spirituelle demeure le combat stérile d'un esprit scindé et de
mauvaise foi."
"C'est ainsi que nous arrivons à nous accepter nous-mêmes par délégation,
par l'entremise d'un Dieu libéralisé dont l'amour et le pardon sont
infinis. C'est Lui qui nous accepte totalement et non pas directement
nous-mêmes. Il arrive aussi que nous nous concédions le droit de nous
accepter, mais à condition d'en avoir payé le prix en subissant une
discipline écrasante ou en franchissant une série d'obstacles spirituels.
Après quoi, l'acceptation est encore fortifiée par l'autorité collective
d'une confrérie d'initiés représentant quelque tradition vénérable."
L'illumination, ou accord conscient avec le Tao,
ne peut survenir aussi longtemps qu'on la considère comme un état
particulier pour lequel il existerait critères et normes. L'illumination,
c'est d'abord la liberté d'être le raté que l'on est."
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Vivre
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"La liquidation de prémisses erronés n'est
accordée qu'à ceux qui descendent jusqu'aux racines de leur pensée pour en
découvrir la nature."
"L'essence du cercle vicieux consiste à poursuivre ou fuir un terme
inséparable de son opposé, à une vitesse qui s'accélère de plus en plus
tant qu'on n'a pas perçu la solidarité des deux termes."
"Ainsi, fuir la douleur et poursuivre le
plaisir reviennent à une seule et même attitude contractée de la
conscience."
"Nous voyons dans les sentiments négatifs un désordre de l'esprit
justifiable de soins appropriés. En vérité, ce qui appelle des soins est
la résistance intérieure à ces sentiments, la résistance qui nous
précipite dans l'action pour essayer de les supprimer, au lieu d'attendre
que le sentiment s'en aille de lui-même."
"L'esprit ne cesse de faire des efforts: pour chasser l'ennui quand il est
déprimé, pour calmer une peur, pour tirer le maximum de plaisir, pour
s'obliger soi-même à être plein d'amour, de patience, d'attention. Il se
donne même de la peine pour être heureux. Et lorsqu'on lui dit qu'il fait
fausse route avec tant d'efforts, il s'efforce alors de ne pas
s'efforcer!"
"De même qu'il est parfois nécessaire de se taire pour entendre ce que les
autres ont à dire, la pensée elle-même doit faire silence pour pouvoir
penser à autre chose qu'à elle-même."
"Le mystère de la vie n'est pas un problème à
résoudre, mais une réalité à éprouver."
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SATORI ou ÉVEIL
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"Nous sommes
un faisceau ou une collection de différentes perceptions qui se succèdent
avec une inconcevable rapidité, et qui sont dans un flux et un mouvement
perpétuel."
"Parce que rien ne l'enraie, le cours des émotions acquiert une qualité
particulière de liberté, ou "vacuité", que les Taoïstes et les Bouddhistes
nomment "absence d'ego", "non mental", où les réactions naturelles se
succèdent sans entraves, "comme un bouchon flotte sur un cours d'eau."
"Donner libre cours au sentiment, c'est l'observer sans interférence, le
considérer sans le nommer; c'est reconnaître que sa mobilité interdit de
le comprendre en termes statiques, ce qui exclut également de le juger
selon le bien et le mal."
"Considérée de cette façon, la complexité déconcertante de la nature
devient une danse, sans autre but que les figures exécutées. Pris dans
l'illusion du temps et de la finalité, la danse et le rythme extatique des
choses sont masqués, et apparaissent comme une chasse éperdue, une lutte
contre le retard et l'obstacle. Une fois reconnu le non-sens ultime de
cette chasse, l'esprit s'apaise et perçoit le rythme du cosmos; il
découvre que l'intentionnalité (intemporelle) du processus atteint sa fin
à chaque instant."
"Lorsque l'esprit glisse à son insu dans une attitude réceptive, il lui
arrive d'être gratifié d'une perception "magique" du monde.
Les impressions affectant les esprits agités et perpétuellement en quête
de quelque chose se trouvent malheureusement brouillées par la vitesse à
laquelle elles sont reçues, si bien que le rythme des formes du monde
passe inaperçu, et que ses couleurs paraissent plates et sans irradiation
intérieure."
"L'existence du sage est une vie qui
s'abandonne sans calcul au présent."
"Au moment même où l'on veut saisir l'instant
qui passe afin d'en tirer quelque chose, celui-ci semble nous échapper.
Quiconque cherche à tirer quelque chose de son expérience présente s'en
trouve séparé par là même: il est sujet, et elle objet. Il ne voit pas
qu'il EST cette expérience, et que s'efforcer d'en tirer quelque chose
revient à se poursuivre soi-même."
"Bien que toute chose retentisse dans l'esprit, l'esprit devrait rester
comme s'il n'avait jamais résonné aux choses, et celles-ci ne devraient
pas demeurer en lui."
"Le point le plus élevé que l'homme puisse atteindre est l'étonnement.
Lorsqu'un phénomène originaire suscite en lui cet étonnement, il doit
s'estimer satisfait. Rien de plus grand ne peut lui être accordé, il ne
saurait chercher au-delà."
"Définir signifie fixer et, en dernière
analyse, la vraie vie n'est pas fixe."
Alan Watts
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Soyez comme le
cadran solaire : lui, ne marque que les heures ensoleillées.
La rouille qui
ronge petit à petit les cordes d'un piano, ne peut détruire la grande loi de
l'harmonie.
La plus grande
oeuvre qu'un être humain puisse faire, est de maintenir la vie de ses cellules
dans les meilleures conditions possibles. Alors il sera absolument normal, et
étant normal, il sera juste, fidèle, sincère et noble.
La cause de tout ce
qui nous arrive est en nous. C'est en nous qu'elle se crée. les choses que
nous désirons et pour lesquelles nous travaillons, viennent à nous parce que
notre pensée les a créées, parce qu'il y a quelque chose en nous qui les attire,
une certaine affinité entre elles et nous. Ce qui vous est semblable vient à
vous, et vous cherche toujours.
(O.S.
Marden : Les harmonies du bien 1918)

Apprends à
sentir les moments et les lieux, car tout le drame se trouve en l'impossible de
cela.
L'être prend le
Moment pour un autre moment, bâtit son à-venir à partir du passé et ne vit ainsi
jamais l'INSTANT du moment.
A chaque Lieu du
dehors correspond un de tes Lieux du
dedans.
A toute image de
Rêve correspond une image de ton quotidien.
A toute Image de
ton quotidien correspond un Espoir de ton âme.
A tout Espoir de
ton âme correspond une Certitude de Vie du Divin qui t'anime.
Mieux vaut une
erreur qu'une hésitation : car toute Erreur n'est que l'impossible momentané
d'accomplir l'Adéquat, alors qu'une hésitation est reculer pour mieux sauter ou
ne jamais sauter. Que cela serve de propulsif à tout le quotidien qui désormais
se présente devant toi.
(extraits
du manuscrit des paroles du druide : sans nom et sans visage)

*
Apprendre non pas à devenir
heureux
Mais à prendre la joie enfouie dans
chaque instant
*
Le chemin n'à aucune
importance.
Seul le voyage
importe.
Et le voyage, c'est un pas, puis un
autre.
Et rien d'autre.
Chaque pas est seul réel, tout le
reste est imaginaire.
*
Le bonheur durable est un
mythe,
Un mensonge, un
mirage.
Seule la joie de l'instant,
De la présence à l'instant, est
réellement réelle.
Et la joie est bien au delà du
plaisir.
*
La vie est un voyage qui ne se fait
que pas à pas.
Il n'y a ni destination
commune,
Ni itinéraire invariable, ni chemin
nécessaire.
La vie est un voyage qui s'invente à
chaque pas.
*
L'imprévisible est
omniprésent,
Et l'imprévu arrive
toujours.
*
Chacun n'a peur que de ses propres
faiblesses.
*
On ne triche jamais avec la
vie.
*
( Héraclite D'Éphèse
)

Chaque être a un centre et une
périphérie.
En son centre, il touche
l'Un.
A sa périphérie, fleurissent le
futile, le mondain, le superflu, le paraître, la vanité, le vulgaire,le
profane.
La tendance naturelle de l'homme est
d'être centrifuge, et c'est le rôle de toute ascèse spirituelle d'inverser ce
mouvement et de le rendre centripète.
Derrière le Vide au centre profond de
l'ego, il y a la Plénitude de l'Un.
Plus un homme vit dans sa périphérie,
plus sa vie est pétrie de l'extérieur; plus il est au centre de lui même plus sa
vie est forgée de l'intérieur.
Il n'y a pas de liberté dans la
dépendance. Il n'y a pas de liberté hors du centre.
Le monde extérieur est comme un
paysage mouvant fait de collines et de vallées, de montagnes et de rivières, de
forêts et de déserts, de rochers et de routes. Cette topologie n'impose aucun
itinéraire à celui qui marche : c'est à lui de s'en créer un, pas après pas.
Tout chemin est possible à celui qui
possède suffisamment d'énergie intérieur pour se le frayer.
Certains passerons là où d'autres ne
pourront jamais passer.
Il y a des Herzog et des
Frison-Roche, il y a des Tartempions et des Trucmuche, même dans les montagnes
de l'esprit, du coeur et de l'âme.
Il existe un réservoir infini
d'énergie spirituelle dans le Plein qui se trouve derrière le
vide.
Ce réservoir n'est accessible que par
un intense effort de présence à l'instant : ressourcement perpétuel du
devenir.
Découvrir la source intérieure,
découvrir le Maître intérieur, au centre du centre, au centre du Vide, là où le
Plein de l'Un affleure.
Savoir intensément que rien n'est
important que la Vie elle-même.
Ni indifférence, ni renoncement :
détachement !
La tempête.
Un navire amarré au ponton, battra
jusqu'à couler.
Larguons ses amarres, et le même à la
cape en pleine mer passera au travers.
Ce sont les amarres qui tuent les
navires.
Relire Rudyard Kipling
:
" Si tu peux voir détruit l'ouvrage
de ta vie et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir, tu sera un homme mon
fils "
*
Savoir définitivement que le résultat
n'est rien, que le processus est tout.
Que la destination n'est rien, que le
voyage est tout.
Que l'Oeuvre n'est rien, que la
création est tout.
Tout ce qui est accompli, achevé,
fini est mort.
savoir enfin que l'on peut voyager
sans bouger.
Et bouger sans
voyager.
Que l'on peut survivre sans vivre,
aussi.
( Marc Halévy : De l'Être au
Devenir)

Nous serions heureux de faire des
millions de choses que nous ne pouvons pas faire.
La volonté est là, mais nous ne
parvenons pas à réaliser le désir.
Lorsque nous ressentons un désir, mais
que nous n'avons pas le moyen de le réaliser,
nous obtenons une réaction appelée
souffrance.
Qui est la cause du désir ? Moi, moi
seul.
En conséquence, je suis moi-même la
cause de toutes les souffrances que je vis.
_____________
comme le ver à soie, tu as tissé un
cocon autour de toi.
Qui peut te sauver
?
Brise ton cocon et sors-en tel un
magnifique papillon,
telle une âme
libre.
_______________
Nous devons toujours garder à l'esprit
que nous n'allons pas devenir libre,
mais que nous le sommes
déjà.
Toute idée selon laquelle nous sommes
liés est une illusion.
Toute idée selon laquelle nous sommes
heureux ou malheureux
est une grande
illusion.
Swami
Vivekananda

Tout s'expliquait, la vision du monde tel
qu'il est, avec son concert de malheur et de bonheur, dans la roue infernale de
la dualité.
Il me vint d'un coup, je ne le savais
pourquoi !
La signification de la symbolique de la
rose :
Les méandres et les plis tordus des pétales
se rejoignaient en son centre.
Tel était le cheminement de l'homme, ses
propres détours et les sinuosités de la vie, pour en définitive revenir au
centre, chez soi, seul support conscient d'une vie merveilleuse ou
non.
En dehors de cela ; rien ! De l'air ! Même
pas la petite brume froide du matin, même pas le souffle du vent.
De ce rien dont émergeai tout !
La vie, la nature, et les illusions
!
"Je suis" Rentré chez moi !
JJP 2001

Le chant de la
conscience
Niu-t'on Fa-jong (VIIème siècle)
extrait de "Poetry of
Enlightment" Dharma Drum Pub.87
La nature de la conscience ne vient de
nulle part
A quoi bon connaissance et idées ?
originellement, pas une seule vérité
alors, pourquoi parler de pratique ?
Allées et venues sans fin,
chercher sans trouver ,
autant ne rien faire .
alors, la paix étincelante
La passé est espace vide.
La connaissance est la perte du principe.
Diffuse ta lumière sur le monde.
Éveillé et pourtant obscur.
Si la dynamique du sans esprit est
obstruée,
on manque la vérité.
Les choses viennent puis se résorbent,
a quoi bon l'introspection ?
Lorsque toute émergence est libre,
les choses sont l'éveil même.
Pour purifier la conscience
encore faudrait-il la trouver.
A travers le temps et l'espace, pas
d'éveil.
C'est la grande profondeur.
La connaissance est inconnaissance
La connaissance saisit l'essentiel.
Utiliser la conscience pour apaiser la
conscience
est le plus grand des égarements
dans l'oubli de la naissance et de la mort
émerge la nature originelle.
Le principe absolu ne peut être
expliqué,
il n'est ni lié ni libéré.
Frémissant et accordé au monde,
Sa présence crève les yeux.
Lorsqu'il n'y a pas d'objet face à vous,
Dans ce rien, la totalité des mondes!
Ne l'examinez pas à l'aide de la sagesse
car sa substance même est obscure et vide.
Les pensées surgissent et disparaissent,
celle qui précède est identique à celle qui suit.
Lorsque celle qui suit ne s'élève pas,
la pensée qui précède s'évanouit.
Présent, passé, futur, il n'y a rien.
Pas de conscience, pas de Bouddha.
Les êtres libérés, la conscience ouverte
se manifestent à partir de cette liberté.
Ils distinguent alors profane et sacré,
leur confusion fleurit
coupant les cheveux en quatre, ils dévient.
A chercher la vérité, tu quittes la Voie.
La guérison consiste à rejeter profane
et sacré.
Alors, pure clarté étincelante.
Aucun besoin d'habileté et de travail,
agis comme un enfant.
Dans cette vivacité,
connaissance silencieuse,
tranquillité dégagée de vues
dans l'obscurité de ta demeure.
Vif et sans errance
L'esprit est silencieux et paisible,
tous les phénomènes réels et éternels,
ont jaillis d'une grande profusion non différenciée.
Allant et venant, assis, debout,
sans attaches,
n'affirmant aucune direction,
peut-il encore y avoir naissance et mort ?
Il n'y a plus ni unité, ni dispersion,
lenteur ou rapidité.
Tranquillité et lumière sont naturelles
et ne peuvent être expliquées.
La conscience est authentique.
Plus besoin de mettre fin au désir,
la nature étant spatiale
laisse la conscience aller où elle veut.
Ni limpide, ni nimbée,
ni profonde, ni superficielle,
dès l'origine cela échappait au temps
et cela n'a pas de futur.
Alors, insoumis,
c'est la conscience originelle
qui originellement n'est pas,
car l'origine est à cet instant même.

Bienvenue au secret ouvert
Jusqu’à ce que votre vie vous
échappe, vous vivez continuellement dans le pourquoi… car ce qui est
cherché n’a jamais été perdu, mais ce que le chercheur tente de comprendre
ne peut jamais être connu.
C’est la raison pour laquelle il
n’est rien dans le message du Secret Ouvert que le chercheur puisse saisir
et prétendre posséder… aucun état particulier de béatitude, de
tranquillité ou de présence n’est proposé.
L’illusion de la nécessité
d’atteindre le sérieux, l’acceptation ou le raffinement de l’appareil
corps/mental est dévoilée. Vous ne serez pas invités à vous tourner vers
le dedans pour découvrir votre « nature véritable » ou cet état de
conscience qui promet tant mais qui apparaît et disparaît si rapidement.
Aucun sucre d’orge spirituel n’est proposé ici.
Il n’y a aucun compromis avec le
besoin du chercheur de suivre un guide, de se soumettre à un processus ou
à des enseignements portant sur le devenir… rien n’est à vendre mais le
conte de fées du petit « moi » pourrait éventuellement expirer.
Le bienfait d’être ensemble dans
cette infinité palpable est que ce que vous êtes déjà est vu en tant que
complétude, sans attentes ni exigences. Confusion et résistance peuvent se
dissoudre dans la lumière de l’ouverture et rien ne demeure. De ce rien
émerge l’indescriptible plénitude et l’ineffable merveille d’être
simplement.
Tony Parsons — avril 2007